J'ai vu "La Légende du Sanctuaire", et j'ai survécu !

Publié le par StateAlchemist

Qu'est-ce qui a deux pouces et qui est allé à l'avant-première du film qui fait tant hurler les collectionneurs de Myth Cloths ?

J'ai vu "La Légende du Sanctuaire", et j'ai survécu !

Cela faisait 4 ou 5 ans que j'attendais de voir ce fameux projet de film Saint Seiya en CGI ; projet aujourd’hui connu sous le nom de « La Légende du Sanctuaire » (appelons-le « LdS ») ! Alors quand on m'a proposé de le découvrir 10 jours avant la sortie nationale, j'ai sauté sur l'occasion ! =D

Et comme j'aime à penser qu'on s'intéressera à mon avis sur ce film, je m'en vais vous le donner, au cas où vous voudriez vous forger une opinion par procuration ! ^_^

Je vais vous dire ce qui est bien, ce qui est mal, et ce qui est nerdyyyy !

Je vais vous dire ce qui est bien, ce qui est mal, et ce qui est nerdyyyy !

En version tl;dr :
 
Je comprends d'où viennent les reproches des haters, et je les rejoins sur de nombreux points, sauf pour l'esthétique du film, que je trouve dans son ensemble bonne et innovante. Toutefois, de gros problèmes de narration m'empêche de donner un avis positif, alors que j'avais envie d'y croire. Et c'est bien dommage. :-/
 

En version longue, subjective, et avec des spoilers (à surligner entre parenthèses) :

TECHNIQUE :

 

Le choix du CGI :

 

Je fais partie des vieux croulants qui diront toujours qu'ils préfèrent l'animation traditionnelle, mais qui constatent eux-mêmes de l'avancée et de l'intérêt des images de synthèse pour certains projets.

Dans le cas de LdS, choisir le CGI au détriment de la 2D a le mérite d'être une nouveauté visuelle en soit, et c'est déjà pas mal. Soyons sérieux deux secondes : si LdS avait été réalisé en 2D, vous savez bien qu'il y aurait eu du forcing pour que ce soit en Araki-style. Or, le Sanctuaire en Araki-style, j'ai déjà les DVD à la maison, et ça aurait été redondant... !

Les premières images parues sur le Net donnaient l'impression de regarder une cinématique de Final Fantasy, mais c'était le style graphique pseudo-réaliste qui voulait ça.

Il est vrai que le rendu n'est pas franchement à la hauteur de ce que pourrait donner une production américaine, mais je ne jette pas la pierre au studio : Toei n'a pas l'expérience ou les moyens d'un Disney/Pixar en terme de CGI, et a en plus choisi un graphisme pas commode quand on débute encore dans les images de synthèse.

 

La photographie :

 

Comme sur Albator, il y a vraiment un très beau travail sur la lumière, l'éclairage, et les ombres, notamment entre les murs des 12 Maisons. Un peu trop d'obscurité, parfois, mais c'est pour faire ressortir la lumière des Armures et des attaques.

 

L'animation :

 

Sur LdS, les animateurs étaient libérés des contraintes financières et temporels de l'animation standard, et ça se voit, tant il en font des tonnes !

Les combats sont vifs et bien chorégraphiés, quoi qu'un peu dur à suivre par moment. Effets de vitesse, faisceaux lumineux, destruction... ça bouge dans tous les sens, et ça donne bien l'impression que les Chevaliers de Bronze peuvent bouger à la vitesse du son, et fendre des montagnes comme pour de rire.

À ce sujet, il y a plus de coups de pied et de poing que dans l'animé, qui lui mettait en valeur les attaques spéciales, entre deux escarmouches et débats moraux. Ces mouvements constants donnent une moindre importance aux attaques spéciales sus-citées, qui passent plus pour des effets spéciaux supplémentaires, et moins pour des coups ultimes.

Ceci dit, l'animation n'est pas parfaite partout, notamment dans les scènes d'intérieur plus calme, où quelques mouvements m'ont paru approximatifs et/ou rigides. De même, le rendu des cheveux longs n'étaient pas tip-top (est-ce pour ça que Saori se les fait couper ? Ça serait une bonne astuce !).

 

La musique :

 

Un mot sur la zicmu, qui est... Là.

Je l'ai trouvé héroïque dans les moments opportuns, et un ou deux thèmes principaux reviennent tout au long du métrage (un peu trop souvent, d'ailleurs) ; mais à part ça, je n'ai pas été impressionné.

Yokoyama n'est pas au commande, et c'est bien normal, vu que LdS essaye de se démarquer des adaptations précédentes, et que de toute façon il n'a rien composé de nouveau pour Saint Seiya depuis le Tenkai-hen. Et puis, il faut bien faire bosser les autres compositeurs !

 

Le doublage français :

 

Je n'ai pas grand chose à dire sur la VF, à part que comme pour Albator, les doubleurs ont dû galérer pour coller leurs textes aux mouvements de lèvres japonais. Vu la difficulté et le résultat, c'est du bon boulot !

Pour le casting, je n'ai reconnu aucune voix, exceptée celle de Bruno Mullenaerts, que je connais surtout en tant que Joey Wheeler, dans Yu-Gi-Oh! (toute mon adolescence).

NARRATION, SCÉNARIO :

 

Une histoire raccourcie :

 

Sur le principe, LdS résume les 73 premiers épisodes de Saint Seiya en 90 minutes ; il ne faut donc pas s'étonner des coupures et des simplifications. Entre autres :

  • l'entraînement des Bronzes et leurs origines sont occultés (on dit juste au détour d'une phrase qu'ils sont orphelins, et que le vieux Kido leur a fait miroiter un avenir de chevaliers sauvant une princesse) ;

  • le Tournoi Galactique et les Chevaliers Noirs sont absents ;

  • les Chevaliers d'Argent attaquent Saori dès le départ (ce ne sont pas officiellement des Chevaliers d'Argent, mais leur travail est le même) ;

  • Saori rencontre Aiolia au Japon et se prend sa Flèche dans le cœur dans la même soirée ;

  • Mû n'a pas à réparer les Armures de Bronzes ;

  • les Maisons vides des Gémeaux et de la Balance ne sont pas vues (ce qui fait que c'est Masque-de-Mort qui envoie Hyôga chez le Verseau face à Camus, ce qui évite au Cygne de se faire congeler, puis de revenir pour un second round).

  • Sans détails sur l'entraînement de Seiya, pas de Cassios en vue chez le Lion ;

  • Une fois dans le Temple du Sagittaire, (où Shura et Milo attendent les Bronzes pour leur éviter de faire le déplacement), la dernière partie du film commence, et on passe rapidement au combat face à Saga.

C'est évident qu'on perd une tripotée de personnages secondaires, de back-stories, et d'événements, mais quand on veut caser 12 Maisons en si peu de temps, il faut bien trancher dans le lard, même si c'est au détriment du drama. Je ne dis pas que ça me plaît, mais c'était couru d'avance ; et c'est une des raisons pour lesquelles je pense qu'adapter le Sanctuaire était une mauvaise idée à la base (une histoire originale, ou l'arc d'Ikki, aurait été plus simple).

 

Le rythme :

 

La première partie du film prend son temps : on assiste à la chute et mort d'Aiolios (avec Saga et Shura qui volent ? Késako ?) ; au recueil de bébé Saori par Mitsumasa Kido ; puis 16 ans plus tard, Tatsumi balance à Saori toutes les infos sur son destin divin...

J'avoue avoir trouvé ça mou, comme début.

Heureusement, après 7-8 minutes de film, l'arrivée de Seiya & Cie m'a mis la grosse banane (ils sont coo-oo-oo-oo-ool) ! À partir de là, et jusqu'à ce que Saori soit blessée au cœur, tout laissait espérer un film de bonne facture !

Mais une fois au Sanctuaire, tout s'accélère : le rythme devient méga-speed, comme si le studio, voyant qu'il avait accordé une trop longue durée de métrage à la première partie, avait décidé d'accélérer le mouvement des scènes suivantes pour rester sous la barre des 90 minutes au total.

Si les rencontres avec le Bélier et le Taureau passent encore, ça devient sérieusement trop rapide après le Cancer, avec progressivement de moins en moins de temps attribuer à l'introduction des Chevaliers d'Or, et des affrontements s'enchaînant presque sans temps morts jusqu'à la résolution finale. On ne prend même pas le temps de faire de transitions entre chaque Maison, la position des Bronzes étant annoncé par de simples sous-titres (« Maison du Lion », « Maison du Cancer »).

J'en ai pris plein les yeux, et je ne me suis pas ennuyé ; mais j'avais envie que le film se calme !

Je pense que telle qu'elle est là-dedans, la Bataille du Sanctuaire est bien trop dense, avec trop de contenu issu de l'original, et conservé uniquement parce que « c'était des moments cultes dans le manga alors on les a mis » : (Aiolia hypnotisé, le Plasma Foudroyant au ralenti, l'Armure du Cancer abandonnant Masque-de-Mort, la double Exécution de l'Aurore, etc.). Tous ces passages recréés en quatrième vitesse, sans contexte solide ou cohésion, me donnaient l'impression de regarder un best of des meilleurs moments de Saint Seiya mis bout-à-bout, au lieu d'une histoire complète, à la progression fluide et logique.

 

L'exposition :

 

Si vous ne connaissez pas les CDZ, n'allez pas pisser, et prenez des notes, car beaucoup d'informations sont donnés une fois dans les dialogues, et après, c'est marre ! Il n'y a qu'au début du film qu'on a des explications à peu près claires sur ce que sont les Chevaliers d'Athéna (via une animation en poteries antiques !). Par la suite, on a aussi droit à quelques flash-backs épileptiques relativement explicites. Mais dans l'ensemble, en apprendre plus sur l'univers m'a paru assez ardu pour les novices, tant le film était avare en certaines informations.

Par exemple, je ne suis pas sûr que les constellations protectrices de Shun, Hyôga, et Ikki soient citées une seule fois...! Et je ne vous parle même pas des Chevaliers d'Or, qui apparaissent les uns après les autres sans individualité ou détails, Shura et Milo n'étant guère plus présentés que les assassins du début du film. Le nom de Milo est-il donné, d'ailleurs ? Mon doute prouve à quel point les présentations sont au strict minimum !

NdA : à l'inverse, quand on a le droit à quelques infos sur les Golds, elles sont inintéressantes dans le contexte de ce film, et font à peine office de clin d’œil. (Le fait que Shiryû connaisse Mû, notamment. Il dit juste que son maître de la Balance – qu'on ne voit d'ailleurs pas – est un pote du Bélier. On ne parle ni de Jamir, ni des réparations d'Armures, ni de leur rencontre précédente. On sait juste que les deux se connaissent, et ça ne sert à rien, à part donner l'impression d'avoir loupé plusieurs épisodes.

Même chose pour Hyôga, qui nous apprend face à Camus que ce dernier est son professeur. Ça n'amène pas plus de conflit, et le temps de digérer l'info, Camus est de toute façon déjà mort, sans qu'on sache pourquoi c'est grave et triste...)

C'est évidemment la même chose pour tous les actes et événements spéciaux durant les combats, qui semblent sortir de nulle part (effets des grosses attaques, téléportation aux Enfers, transformation finale). Je suis ravi que les héros ne passent pas leur temps à commenter les combats, mais de la façon dont c'est fait, difficile de s'impliquer et de saisir l'importance de ce qu'on regarde (Hyôga et Camus se lancent la même attaque, okay. Mais en quoi c'est un exploit ? Quel est l'effet de l'attaque ?). Et à cause des changements dans le déroulement de la saga et dans l'esthétique, même moi, je n'étais pas toujours sûr de ce que j'étais censé comprendre à l'écran (il m'a fallu 15 secondes pour capter qu'Aiolia avait les yeux rouges parce qu'il était hypnotisé) !

Bref, attendez vous à des chuchotements type « c'est qui, lui ? Qu'est-ce qu'il fait ? – C'est le Chevalier de la Vierge, il fait ceci parce que... » dans la salle.

 

Le cas Ikki :

 

L'un des exemples de cette narration accélérée, mais tentant inutilement de coller à l'originale, est celui de la présence (ou de la non-présence) d'Ikki.

Son introduction est super (il élimine avec style le Chevalier de la Flèche ayant attaqué Saori), et laisse présager que plus tard dans le film, il fera une arrivée surprise qui aura un impact, tel Han Solo dans l’Épisode 4 !

Du moins, c'est ce qui se passerait dans un meilleur film. Car ici, Ikki ne revient à la rescousse que quelques instants à peine avant que les combats ne cessent d'eux-mêmes, et quand bien même, (il se prend une tannée par Shura).

Sur le papier, cette arrivée impromptue n'a donc aucun intérêt pour l'intrigue : les scénaristes ne se sont résolu à faire intervenir le Phénix que pour copier son comportement dans le manga, et faire un très court combat avec lui. Se faisant, ils ont bravé toute logique narrative, et ont gaspillé un personnage plein de promesses.

Je pense qu'Ikki aurait dû accompagner les quatre autres dès le départ, et participer à plus de bagarres ! Ou tout simplement ne pas être inclus dans le film...

 

Le cas Aphrodite :

 

Autre victime du rush, ce pauvre Chevalier des Poissons, (qui se fait éjecté en 5 secondes dans une Autre Dimension par Saga, sans qu'on ait le temps de le connaître... ! C'est vraiment ballot, parce qu'il avait un chouette look, et qu'à priori, c'était un gentil ignorant les manigances de Saga). Contrairement à Ikki, on n'aurait pas pu supprimer son perso, vu qu'il faisait partie du Zodiaque d'Or. Mais les scénaristes aurait au moins pu (l'inclure chez le Sagittaire, avec Milo et Shura. Sa mort n'est même pas faite pour suivre l'original, vu que Shura reste en vie !).

 

Le combat contre Masque-de-Mort :

 

Je tiens à commencer par dire que je savais à l'avance ce qui allait se passer (= faire chanter le Chevalier du Cancer), et que je trouvais l'idée très bonne : Masque-de-Mort est un méchant psychotique rigolard, s'amusant de la mort d'autrui ; alors ce genre de folie lui collait bien. (J'imaginais déjà un morceau dans la veine de « Mes Amis de l'Au-delà », dans la Princesse et la Grenouille). Malheureusement, le résultat est très loin d'être à la hauteur de mes espérances : (l'introduction était bien trop rapide pour se mettre dans une quelconque ambiance, le morceau bien trop long, la musique trop joyeuse pour inquiéter ou coller au design du Cancer, les paroles pas franchement recherchées ni macabres, et les visuels trop colorés. Masque-de-Mort n'avait l'air ni dangereux, ni effrayant : il avait juste l'air ridicule, et j'attendais impatiemment qu'il se taise !) Et la suite de la bagarre aux Enfers ne remonte pas la pente. (Le coup du slip, vraiment ? Était-ce nécessaire de voir ça ?) Le pire, c'est que ce n'est pas tourner comme un gag, donc le réalisateur pensait sérieusement que la scène serait classe ! A cause de tout ça, le combat perd de sa superbe, et c'est bien dommage pour Shiryû, pour qui c'était le grand moment !

 

Le combat final :

 

L'affrontement contre Saga démarre un peu sans prévenir, mais démarre bien quand même. Mon problème, c'est dans la manière dont il se termine... (Saga se métamorphose en statue géante qu'il contrôle de l'intérieur tout nu ?! Comment ? Pourquoi ? Est-ce l'effet du Cosmos divin pompé à Saori ?)

Le pire, c'est que ce n'est pas le bazar visuel et le changement radical avec l'univers qui m'enquiquine dans cette scène (je suis sûr que les divers spin-offs ont déjà proposé plus bizarre). C'est que je n'ai pas pigé comment il en arrive là ! Que LdS ne prenne pas la peine d'expliquer les trucs que les fans peuvent capter, c'est déjà grave, mais qu'on ne nous explique pas les nouveautés, c'est aberrant ! 

Alors, oui, c'est impressionnant, et ça permet à Seiya de (voler grâce à l'Armure du Sagittaire), mais on ne balance pas une idée comme ça, sans rien autour pour la justifier clairement ! J'exige des réponses ! Et je refuse un bête "cherche pas, c'est magique" ! 

 

Améliorations de la trame d'origine :

 

Bon, cela fait plusieurs paragraphes que je gueule sur le scénario, alors je parlerai ici des bonnes idées apportées à l'histoire originale, qui corrigent ses défauts et plot-holes (pour vous garder la surprise, je mets en spoilers). Ainsi :

  • Saga se fait clairement passer pour mort auprès des copains, au lieu de disparaître suspicieusement.

  • Saga utilise durant son règne de Pope une imposteur faisant office d'Athéna, afin de n'éveiller aucun soupçon au Sanctuaire (dans l'original, personne ne trouve chelou qu'on ne voit jamais Athéna). Cela fait d'autant plus passer Aiolos pour un menteur !

  • Le pouvoir de la Flèche tue Saori à petit feu, non pas pour permettre aux Bronzes de la sauver, mais car cela permet à Saga de s'approprier son Cosmos divin, et de réaliser ses rêves de grandeur.

  • Mû et Aldébaran suivent les Bronzes vers le Pope en emmenant Saori avec eux, au lieu de rester à la veiller en bas.

  • Shun ne vainc aucun Chevalier d'Or, et se contente surtout de se protéger lui et ses amis avec les chaînes d'Andromède. Une variation plus énergique de son désir de ne pas faire de mal aux gens, encore que l'un des assassins du début a dû morfler sec !

  • Les Golds reconnaissent rapidement Saori grâce à son Cosmos, lisent eux-même le testament d'Aiolos, et cessent les combats avant de tuer quelqu'un.

  • Saori réprimande les Golds parce qu'ils n'en fichent pas une et qu'ils ont tabasser Seiya et les autres pour rien. Satisfaisant !

  • Les Golds participent au combat final plutôt que de rester sur le côté à attendre que ça se passe.

Des petits changements proposés par Kurumada lui-même ? Possible : après 30 ans, il aura eu le temps de repenser son propre scénario... !

 

La nouvelle personnalité de Saori :

 

Oubliez la pimbêche du Tournoi Galactique, ou la demoiselle en détresse au regard vide des arcs suivants : la Saori Kido 2015 est une adolescente japonaise normale, l'uniforme d'écolière faisant foi !

Perdue dans un monde peuplé de Chevaliers et d'assassins, elle peine à comprendre ce qui lui arrive, et n'accepte pas directement son rôle de déesse.

D'un certain point de vue, elle pourrait être considéré comme la véritable héroïne de LdS, le film s'attardant assez longtemps sur elle, et sur son évolution jusqu'à la victoire (là où Seiya ne change pas entre le début et la fin de l'aventure). Une bonne chose pour le personnage ?

Cette version de Saori, diamétralement opposée à l'originale, est en effet plus attachante et humaine (cf. quand elle s'isole dans sa chambre après l'attaque sur le pont), mais ce rôle de gamine apeurée et peu sûre d'elle peut aussi être un poil soûlant... Je ne dirais pas qu'elle chouine pour rien, mais bon, il faut pouvoir supporter ce genre de personnage de fiction.

 

Le Cosmos :

 

Le Cosmos dans LdS est assez clairement défini comme quelque chose de propre à chaque personne/divinité, et qui peut être véritablement transmis. (Vous vous souvenez dans l'original, quand les gars disaient « Seiya, je te prête ma vie »? Et bien là, c'est pas une façon de parler, Saori donnant son propre Cosmos pour ramener à la vie les Bronzes).

Les pouvoirs du Cosmos ayant toujours été flous et larges, ça ne me dérange pas trop, mais ça a pour effet de « quantifier » le Cosmos d'un individu, et d'en faire son « énergie vitale » (Saori se meurt peu à peu parce qu'on lui vole le sien).

NB : vu qu'on est dans le sujet du Cosmos, les armes des Chevaliers de LdS semblent produites par leur Cosmos ; sans doute pour coller à l'idée que les troupes d'Athéna n'utilise pas d'armes. Une bonne démarche, encore que pour la chaîne nébulaire d'Andromède, ce soit assez ambiguë  : au début, je pensais que ses chaînes étaient constitués de Cosmos, mais (quand elles sont brisées à la fin, on les voit pendre à ses avant-bras sous une forme métallique bien réelle).

 

Le Septième Sens :

 

Concernant le Septième Sens, je ne suis pas sûr qu'on le voit en action.

Il est évoqué par Aldébaran, et face au Lion, Seiya nous fait le coup de (l'arrêt sur image pendant le Plasma Foudroyant), mais sans qu'on nous précise que c'était là l'effet du Septième Sens.

Par la suite, je ne pense pas qu'il rentre en jeu, car pendant le combat final, j'ai cru comprendre que la regain de puissance de Seiya venait (du Cosmos prêté par Saori). Soit j'ai mal écouté, soit il fallait déduire qu'on voyait le Septième Sens à ce moment-là.

Dans le doute, je ne me prononcerai donc pas sur son traitement !

 

L'humour :

 

Saint Seiya a toujours manqué d'humour, ce qui ne veut pas dire que la série en avait besoin. Néanmoins, quand j'ai entendu dire que y'avait de la comédie dans LdS, j'étais chaud, et j'attendais le film là-dessus ! Verdict ?

Meh. En effet, il y a de bons gags par-ci, par-là (Yaya donnant trente secondes à un ennemi, puis vérifiant sur sa montre officielle ; le running-gag de Shiryû refusant d'enlever son Armure, qui souligne son caractère sérieux tout en faisant marrer les fans), mais ce n'est pas le festival escompté, car ça ne fonctionne pas toujours.

La majeure partie de l'humour repose sur les épaules de Seiya, à travers son comportement, son attitude décalée envers les autres protagonistes, et sa constante excitation. Constante, et assez agaçante, d'ailleurs. Sans dec', si on m'avait dit que Seiya s'était injecté de la caféine dans le sang, je l'aurais cru : il n'arrête pas de remuer, de réagir en arrière-plan à chaque réplique de ses camarades, de faire des grimaces... C'était vraiment excessif, et ça détournait souvent mon attention. Pourtant, je suis pro-Pégase, et j'ai toujours apprécié ses rares moments de comédies dans l'original (sauf pour cette fameuse scène aux Enfers dont personne ne veut parler) !

L'animation suivait le ton jusqu'à une certaine limite, le graphisme réaliste s'associant mal avec des mimiques exagérées de personnage de cartoon (cf. les Bronzes fuyant Shiryû quand il leur crie dessus). Idem pour une tentative d'effet visuel comique, qui détonnait avec la réalisation de l'ensemble du film (des flammes apparaissant en fond derrière Saori quand Seiya dit qu'elle pèse trop lourd, lol).

Ceci dit, quand les vannes fonctionnent, c'est souvent grâce à l'intonation des comédiens français. Je ne sais pas si il y a eu de l'improvisation, mais certains petits dialogues entre les Bronzes faisaient plaisir à entendre, et les remarques qu'ils se lançaient les faisaient vraiment passer pour une bande de copains !

Cette présence d'humour, même un peu bancale, à bien sûr un effet sur le ton du film, et on est bien loin de la dramaturgie de l'époque. Tout le monde n'en sera pas ravi, c'est compréhensible. Mais ceux qui ont aimé se doivent de rester après le générique, pour voir une petite scène rigolote supplémentaire !

CHARACTER DESIGNS ET VISUELS :

 

Saori :

 

Bonheur et allégresse : après 30 ans d'adaptation, Saori a enfin l'air d'une adolescente de 13 ans (ou plutôt de 16) ! Elle ne porte pas de robes longues en civil, et sa coiffe d'Athéna est un peu plus travaillée, mais à part ça, le look qu'on lui connait est respecté, sauf bien sûr (quand elle se voit obligé de couper ses cheveux. Elle se rapproche alors de ce qu'on voit dans Next Dimension et The Lost Canvas. Une demande de Kurumada ?).

 

Le nouveau look des Chevaliers :

 

Les personnages ont tous subi une réactualisation plus ou moins violente aux années 2010, et se sont vus rajouter piercings, accessoires, tatouages, et pilosité à divers endroits, pour un look rebelle pas dégueu ! Hyôga a l'air encore plus cool avec des boucles d'oreilles !

Détail amusant : en cherchant bien, ces rajouts peuvent être justifiés par le signe ou la personnalité des gaillards (l'anneau dans le nez du Taureau ; les lunettes de Mû, car il s'use les yeux sur les Armures ; la dualité de Saga s'exprimant jusque dans ses yeux vairons ; la marque de coupure au menton de Shura ; les lèvres aux teintes bleutées et froides de Camus...).

 

Milo :

 

L'opération de relooking extrême qui préoccupe le plus les fans – notamment ceux nés entre le 23 octobre et le 22 novembre – , c'est bien sûr que Milo du Scorpion (soit une femme ! J'avoue avoir moi aussi été décontenancé par ce choix. Était-ce pour donner l'exemple ? Pour faire passer un message féministe ?

Hé bien, j'ai le plaisir de vous révéler que le fait que Milo soit une femme dans LdS est... un non-événement. Ce n'est une révélation pour aucun Chevalier, et personne ne fait de remarque, ni en bien, ni en mal. Milo est traitée comme les autres Golds, sans que le film souligne d'une manière ou d'une autre que « elle est traité comme les autres Golds alors que c'est une femme, regardez comment on est trop progressifs ! »

Bref, c'est une nana, et tout le monde s'en fout. Et c'est super, car la pilule passe comme une lettre à la Poste, alors que j'attendais son arrivée avec appréhension !

Du coup, je me demande « pourquoi lui » ? Et surtout, « pourquoi seulement lui » ? Car si Milo est caractérisé par des ongles vernis pas très masculins, Mû, Shaka, et surtout Aphrodite, pourraient, eux aussi, être candidats à la féminisation, créant ainsi une presque parité chez les Golds.)

 

Tatsumi :

 

C'est de l'anecdotique, car tout le monde s'en fiche de Tatsumi ; mais juste par curiosité, j'aimerais savoir comment les designeurs en sont arrivé à transformer un chauve sans lunettes en bigleux avec des tifs... ! La peau du crâne rendait peut-être mal en CGI... À moins que ce soit juste (pour le gag d'après l'explosion de la voiture) ? Autant pour Mitsumasa Kido, tu dessine un vieux bonhomme, c'est bon, c'est pas grave si il n'est pas barbu, mais pour Tatsumi, je trouve ça plus qu'étonnant !

 

Les Armures de Bronze :

 

Les fans reconnaîtront des V2-V3 upgradées tout à fait potables, et pas aussi « IRONMANisé » qu'elles n'en avaient l'air sur les photos. Les textures, les gravures, les bruits métalliques, etc. font qu'elles passent pour de vrais Armures de Bronze. Paraissent-elles modernisées, avec leurs lignes lumineuses digne du film Tron ? Moui, mais je trouve que c'est une bonne idée pour visualiser le Cosmos qui brûle ; et certaines versions des Armures ne reflétaient pas non plus une appartenance à l'Antiquité (notamment le casque V2 de Pégase, dans le manga).

J'aurais juste un bémol sur les teintes très sombres de l'Armure du Cygne : le réal' voulait-il évoquer un cygne noir, et éviter ainsi d'avoir, avec Pégase, deux Chevaliers de Bronzes en Armure blanche ?

 

Les Armures d'Or :

 

J'avais suivi update-par-update les révélations des Golds pendant la campagne promotionnelle japonaise, et je n'étais pas franchement « en amour » avec tous ces redesigns surchargés.

J'avais notamment l'impression que chaque Armure d'Or avait été redessiné par un designeur différent, qui n'avait pas consulter ses collègues pour qu'ils se mettent tous d'accord sur la direction artistique du projet... Certaines Armures suivaient le costume original avec juste plus de détails (Bélier, Capricorne, Gémeaux, Sagittaire), d'autres ajoutaient un élément incongru déséquilibrant l'ensemble (l'abondance de cornes du Taureau ; le vase sur l'épaule du Verseau, le col de la Vierge), et d'autres encore partaient carrément aut' part, pour le meilleur et pour le pire (le Cancer trash et asymétrique ; la carapace du Scorpion ; l’Armure du Lion qui n'évoque pas franchement un lion).

Pourtant, tout comme le nouveau costume du Tisseur dans le premier Amazing Spider-Man, une fois que j'ai vu ces redesigns en mouvement et sous le bon éclairage... cela m'a plu ! Sans doute suis-je simplement habitué aux looks, mais je trouve que les Chevaliers de LdS ont la classe dans leurs Armures ! Et dieu sait si me vendre le canon de Camus était un exploit !

 

Les casques :

 

Les fameux « casques intégraux » des Armures était une nouveauté tout à fait justifiable (= enfin des casques qui protègent le visage !!!), mais que j'ai toujours perçue comme assez laide et n'aidant pas les persos à être expressifs.

Mais une fois passée la première transformation du film, ils ne m'ont plus gêné ; et quand bien même, les Bronzes ne les portent pas aussi souvent que ne le laissait penser les bandes-annonces.

Les Golds, eux, y gagnent un aspect plus inquiétant, mais hélas à peine exploité à cause du rythme du film.

 

Les « dog tags » :

 

Dans ce film, les Chevaliers enfilent leurs Armures respectives par le biais de « dog tags » – ces petites plaque d'identités que les militaires portent autour de leur cou.

Plus précisément, la médaille crée un cercle de transportation qui fait apparaître une Pandora Box, qui se transforme ensuite en totem, dont les pièces se séparent pour revêtir le Chevalier.

Deux choses :

  1. c'est affreusement compliqué
  2. si c'est la Pandora Box qui devient elle-même l'Armure, cela élimine tout problème de proportion entre la taille du totem et la taille de la Box. C'est génial, et j'en veux une pour Noël !

On pourrait se plaindre que la transition Box/totem rappelle les Transformers, mais j'ai trouvé ça très joli !

L'imagerie militaire contemporaine amenée via ces dog tags n'est évidemment pas en phase avec une série basée sur la Grèce antique, mais le concept nous rappelle qu'Athéna est la Déesse de la Guerre ! (une idée soulignée par les milliers d'hommes qu'on voit à la fin ! Voilà ce que j'appelle une « Armée » d'Athéna !)

Par contre, l'équivalent Gold des dog tags ne me plait guère : (celle d'Aiolos ressemble a une planche d'étagère Ikea ! Ce n'est pas très classieux, et ça enlève la praticité et la discrétion des médaillons des Bronzes ! Peut-être les Golds portent leurs plaques sur leur dos ?)

 

Le totem du Sagittaire (porté par Seiya à la fin) :

 

La version LdS de l'Armure du Sagittaire est très bien quand elle est portée par Aiolos au début. Mais allez savoir pourquoi, quand (cette même Armure arrive à la rescousse de Saori et de Seiya, l'Armure garde sa forme de totem, à savoir un corps de centaure avec des ailes, là où Aiolos portait la forme armure. J'ai trouvé ça très disgracieux, et surtout inconfortable pour notre héros de Bronze. Je veux dire, ses jambes, elles sont où ? Si elles sont dans les pattes avant du centaure, pourquoi le voit-on faire un petit mouvement chevalin ? Si c'est dans le corps de l'animal, son dos et son bassin doivent former un angle douloureux... !

Saori ne chevauche même pas le dos du centaure : il me semble qu'elle est assise sur l'une des jambes avant ; ce qui fait que si c'est là-dedans que sont les jambes de Seiya, celui-ci doit garder la jambe pliée pendant toute la scène, alors qu'ils sont en pleine voltige. Le pauvre !

C'est pour moi un mauvais choix artistique, d'autant plus dommage, car sans ça, ils seraient mignons dans cette scène, les deux bougres... Suivre un schéma Superman/Loïs Lane aurait été plus judicieux, même si Seiya aurait eu bien du mal à tirer à l'arc avec Saori à son cou.)

 

Le Sanctuaire :

 

Vous aussi quand vous avez vu le nouveau Sanctuaire, ça vous a fait penser à une base volante du Dr Robotnik, avec des hélices ? Ben, en fait, c'est pas ça.

Vu sur grand écran, on se rend compte qu'on a affaire à une grande métropole planquée au-dessus des nuages, répartie à travers plusieurs îles volantes, avec un Colisée, des temples, et des statues gigantesques. Ce qui fait que ce nouveau Sanctuaire n'est pas si technologique que je le pensais au début, hormis pour quelques dirigeables qui traînent dans le fond du décor (un moyen de transport similaire à ceux de la ville de Columbia, dans Bioshock Infinite).

Enfin, je dis ça, l'endroit a tout de même une allure un peu high-tech sur les bords ; mais je pense que le réalisateur visait plutôt « la magie divine » pour justifier le délire aérien du lieu. Ce qui nous donne un Sanctuaire s'éloignant de l'inspiration Parthénon du manga, et s'approchant plutôt d'une sorte d'Olympe modernisé.

Pourquoi pas ? La magie fait partie intégrante de la mythologie, et des îles volant à travers les cumulo-nimbus, c'est de la magie !

À bien y réfléchir, cette idée de magie teintée de modernisme se retrouve dans beaucoup d'éléments ou objets du film (le livre du Pope projetant des sortes d'hologrammes ; le mécanisme zarbi qu'il utilise pour suivre l'avancée des héros ; etc.). Comme pour les dog tags, tout ceci me fait l'effet d'un décalage avec l'ambiance antique d'origine, mais c'est une bonne démarche que de revisiter l'univers de Saint Seiya du sol au plafond, et de ne pas juste refaire les Armures pour vendre de nouvelles figurines. Cela prouve qu'il y a eu de la réflexion en amont, et c'est louable.

 

L'entrée du Sanctuaire :

 

L'accès au Sanctuaire se fait via un portail lumineux, que les Bronzes ouvrent en unissant leurs dog tags. Comme je le disais plus haut, « la magie, toussa ».

C'est clairement un moyen de gagner du temps de métrage, en facilitant le transport de Seiya et ses potes vers le lieu des combats. En plus, ça explique comment tous les Chevaliers attaquant Saori se rendent au Japon sans se ruiner en billets d'avion !

 

Les Maisons :

 

Chaque Temple du Zodiaque est sur sa propre île céleste, avec comme seul moyen d'accès entre eux de longues passerelles de pierre. Hourra, les trolls ne pourront plus dire « pourkoi lé chevaliés contourne pa sinpleman lé maizon c nul lol » !

L'intérieur des Maisons ne reflète pas franchement leurs locataires respectifs, ou alors je n'ai pas compris en quoi ; mais elles sont toutes très différentes, là où l'original ne présentait que des variations sur le thème de la colonne greco-romaine.

On ne voit malheureusement pas l'extérieur de ces Temples distinctement, et c'est bien dommage, car le Palais du Pope, semblable à une cathédrale, est bien beau, vu du dehors.

 

Le masque du Grand Pope, et autres sources d'inspirations :

 

Encore un point sans importance qui ne m'a même pas choqué pendant la séance, mais dont j'ai envie de parler...

Contrairement à celui de l'animé, le masque du Pope dans LdS lui permet de cacher son visage tout en le laissant boire et manger ; et c'est tant mieux qu'il soit pratique, ce masque, parce qu'esthétiquement, c'est un beau bordel !

Dans l'ensemble, on dirait un masque pré-colombien... je crois. Mais en cherchant très fort, on pourrait aussi y trouver des influences indonésiennes pour le haut, et égyptiennes pour le menton...

Un vrai bouillon de cultures, en somme. Ce qui est peut-être une piste à suivre pour comprendre l'univers du film, car j'ai remarqué au moins une statue de type égyptienne dans le décor du Sanctuaire.

Le réalisateur a peut-être imaginé que dans un monde où Athéna est une divinité existant bel et bien, le Sanctuaire est à l'origine des autres religions du globe ? Mouaiiiiis, elle vient de loin, cette explication ; mais ça justifierait que des Chevaliers de nations et cultures éloignées acceptent de jurer allégeance à une déesse grecque.

CONCLUSION :

 

Par plusieurs aspects, LdS me rappelle le Tintin de Steven Spielberg (en moins bien) : de bons visuels, de l'action à gogo, quelques ajustements scénaristiques bien vu, mais un ton très différent du matériel d'origine, et de gros délires qui feront râler les habitués.

La narration est pour moi le point faible du métrage : à trop vouloir en faire, Toei perd en clarté et en efficacité. Créer une histoire de toute pièce, comme pour Albator, ou adapter la trame dans les grandes lignes et improviser le reste, comme pour les productions Marvel, aurait permis d'avoir un film faisant rager les fans, mais un bon film quand même.

Est-ce que je suis content de l'avoir vu ? Plutôt, ne serait-ce que pour satisfaire ma curiosité, et voir un traitement nouveau pour une saga que j'ai vu et revu !

Est-ce que je veux revoir ce film ? Pas en salle, en tout cas, même si en écrivant cette critique, l'envie m'est venue de revisionner des passages en particulier. Peut-être achèterais-je le Blu-Ray plus tard.

Est-ce que malgré ses gros défauts, je conseillerais le film ? Bof. Disons cela : si après avoir regardé la bande-annonce, vous êtes toujours curieux de voir LdS en entier, allez-y pour vous faire une idée ; les détails qui m'ont choqué ne vous dérangeront peut-être pas, et vous pourriez passer un bon moment :-)

 

Sur ce, merci de m'avoir lu, et bonne séance à ceux qui tenteront l'aventure au cinéma ! ;-D

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